Le poids des pixels

Le déclin du photojournalisme

© Yan Morvan

Nous l’avons vu dans notre précédente chronique, dans les années 70, la guerre du Vietnam a fait naître des vocations. Le nombre des journalistes doublera aux USA, passant de dix mille à vingt mille. Le phénomène est identique en Europe. Par la suite, la télévision commence à détourner un grand nombre de lecteurs et provoque une chute des ventes en concurrençant durement le monde de la photographie. On assiste peu à peu à la disparition de nombreux magazines et au déclin du photojournalisme. Par ailleurs, la presse dite « people » se développe en se nourrissant de la photographie « paparazzi », ce qui fait également un immense tort aux professions des photojournalistes et reporters. Ces derniers étant parfois assimilés par l’opinion publique, par méconnaissance du métier, à des « voleurs d’images » qui cherchent à faire un maximum d’argent en un minimum de temps sur des sujets ciblés. Mais d’autres phénomènes, que nous allons passer en revue, contribuent également au déclin du métier. Des raisons macro-économiques, les incidences de la modernisation des matériels, de sa démocratisation, une législation parfois désynchronisée des impératifs du métier, la toute-puissance des banques d’images, le passage au numérique, ou encore la presse en récession, sont autant de facteurs qui expliquent le déclin d’une profession jadis florissante.

Squal

Article complet

Page 10 sur 14